La légende de chaque photo s'obtient un laissant votre curseur 2 secondes sur la miniature. Cliquez sur une photo pour l'agrandir.

La 600 XR ayant été le sujet sur lequel j'ai passé le plus de temps, permettez-moi de détailler les travaux qui ont été réalisés.


Ces informations pourront être utiles à tous ceux qui envisagent une réfection totale du moteur et/ou de la partie-cycle. Avant de lire les lignes qui suivent, jetez un oeil aux dommages constatés sur ma XR afin d'avoir une idée objective sur la résistance du moteur du Gromono Honda (puis revenez lire la suite du paragraphe).

1) Le moteur. Son démontage a été une coïncidence car sa réfection n'avait pas été envisagée initialement. J'avais décidé de repeindre le cadre, et comme le moteur était sur l'établi, autant en profiter... (je vous rappelle que pour intervenir sur le moteur de la 600XR il faut le sortir du cadre).

Ouille !!!
Le temps avait commencé à aire son oeuvre. Le moteur n'était pas en bout de course mais quelques milliers de Km plus tard il aurait fallu y passer de toutes façons.
Il est à noter que les pièces HONDA ne sont pas données, encore que bien moins chères que les pièces des Husaberg et Husky que l'on change plus souvent (mais ce sont des motos de course me direz-vous).
Les pièces adaptables de qualité coûtent environ le même prix que l'origine, alors pourquoi se priver...
Mais attention : un gonflage sérieux ne se réalise pas au fond d'un garage crasseux avec des outils inadaptés. Je vous rappelle que modifier un moteur pour augmenter sa puissance peut avoir des conséquences légales importantes. En effet, toute modification de ses caractéristiques techniques doit être suivi d'un passage devant le service des mines afin de ré homologuer le véhicule. Dans le cas contraire, en cas d'accident, votre assurance pourra refuser de payer et vous serez certainement poursuivi...

Moralité : vous serez sans doute d'accord avec moi, toutes les modifications dont nous parlerons dans les lignes qui suivent ne s'envisagent évidemment que dans un cadre de compétition (:-))).

Les performances ont naturellement baissé, ce qui maintenant le rend fou d'avoir dépensé autant d'argent pour un moteur qu'il ne peut pas utiliser. Je mets donc en garde les Gromonoîstes tentés par ce genre d'expérience et vous rappelle que la qualité de l'essence grand public ne fait que se dégrader (vous l'aurez sans doute constaté si vous roulez depuis 10 ans au moins). 5) Enfin n'oubliez pas le guidage du piston.   Les pistons HC forgés possèdent en général une jupe courte voire ultra-courte afin de diminuer les pertes par frottement. Cet avantage de performance se paie en termes de fiabilité dans le temps. En effet plus la jupe est courte, et moins le piston est guidé. Au bout d'un kilométrage nettement plus faible qu'avec un piston traditionnel, dés que le jeu augmente légèrement, le piston se met à battre dans le cylindre, ce qui augmente encore l'usure et abîme les segments. La consommation d'huile s'amplifie, le bruit aussi et les performances décroissent....Par conséquent ne vous attendez pas à faire plus de quelques milliers de Km avec un piston de ce type.6) Si vous envisagez de ne rouler qu'en France.Le piston forgé peut être un bon choix (en restant raisonnable avec le taux de compression qui doit rester inférieur à 10.5/1 pour de l'essence du commerce), mais attendez vous à ce que le reste du moteur vieillisse plus vite. Si par contre vous envisagez le rallye africain, sachez qu'un piston forgé acceptera moins bien l'essence africaine et très nettement moins bien le sable qui s'introduira obligatoirement dans le moteur. Un piston d'origine tolérera un peu de poussière en s'usant prématurément, un piston forgé ne s'usera pas et vous risquerez un serrage. Les usines telles que KTM utilisent bien des pistons forgés en Afrique, mais uniquement pour leur résistance à la chaleur et non pas pour leur taux de compression, celui ci étant diminué afin d'accepter l'essence locale. 7) Pour terminer, avez vous songé à ceci...
Parlons un peu d'équilibrage. Comme vous le savez un monocylindre vibre par construction. Nous pourrions même dire que c'est dans sa nature, et c'est pourquoi tous les fans de Gromono vibrent pour ce genre de moteur (bof ! ça va, je sais elle est nulle). Alors un peu de sérieux. Comme vous le savez, le piston monte et descend (ooooh...). Plusieurs dizaines de fois par seconde il passe du point mort haut au point mort bas. Il acquière de l'énergie cinétique à chaque mouvement et cette énergie doit bien passer quelque part. Je vous passe les détails mais la libération de cette énergie et le mouvement alternatif génèrent des vibrations dites primaires (le moteur aurait tendance à monter et descendre). Nous n'aborderons pas ici le cas des vibrations secondaires.

Pour lutter contre ce phénomène, le vilebrequin comporte deux masses, opposées à l'axe de la bielle. Lorsque le piston pousse vers le bas, les masses exercent une force vers le haut (et réciproquement). Les constructeurs calculent les masses en fonction du poids du piston et de la bielle pour que les forces s'égalisent. Comme ce phénomène est dépendant du régime de rotation, il existe un régime idéal où le moteur ne vibre plus (théoriquement). En dessous de ce régime l'un exerce une force supérieure à l'autre et au-dessus, les choses sont inversées. Ceci vous explique pourquoi un mono vibre à haut régime et également en dessous de son régime de fonctionnement normal. Comme les pistons forgés sont généralement plus lourds que les pistons d'origine (car plus denses), vous décalez tous les phénomènes...

Si vous ne me croyez pas, montez donc un piston forgé sur un 600SR et après rodage, regardez ce qui se passe à partir de 4000 tours/min.

2) La partie-cycle.

Le cadre : Sa peinture est d'assez bonne qualité mais au bout de quelques années de TT, les accrocs et rayures sont nombreux et je ne sais pas ce que vous en pensez, mais une fois que la peinture est abîmée, la moto, même lavée, ne semble jamais propre.
La peinture du cadre est facile à réaliser, mais la difficulté consiste à mettre le cadre à nu, donc à démonter l'intégralité des accessoires. Comptez environ 1000 F chez un professionnel pour une peinture époxy.
La peinture époxy est particulière. Elle s'applique après sablage du cadre afin d'enlever l'ancienne peinture. Vous pouvez poncer manuellement le cadre, néanmoins sachez que vous y passerez un temps certain et que la peinture n'accrochera pas comme après un sablage. Après application de la peinture époxy, le cadre est passé au four. La peinture étant constituée de microgranules, la température les fait fondre et ils constituent une "gaine" autour des tubes. La résistance est géniale, surtout aux rayures et aux éclats, mais sachez que toute peinture ultérieure devra reprendre sablage + peinture sinon la nouvelle couche de peinture ne rendra pas. Conclusion : à recommander à tous ceux qui pratiquent le TT.

Fourche :  La 600XR possède de bonnes suspensions car basées sur celles des 500CR. Néanmoins, comme vous le savez, la dernière 500CR à fourche traditionnelle date d'avant 1990. Par conséquent il y a moyen d'améliorer.
J'avais opté pour une solution relativement abordable : le changement de ressort + vidange avec de la bonne huile de fourche (IPONE*). La vidange régulière de la fourche est un gage de bon fonctionnement. En usage normal je la vidange tous les ans (environ 5000 Km) avec le niveau recommandé par Honda (si vous voulez la valeur exacte, contactez-moi). Il existe des tas de ressorts sur le marché de qualité variable selon les enduristes bricoleurs. Il y a même des marques à éviter absolument mais vous comprendrez que je ne divulgue pas publiquement leur nom (les intéressés peuvent me contacter).

Je vous recommande les ressorts EIBACH, assez connus dans le monde du TT. Ils se présentent sous forme d'un kit composé de 3 ressorts de raideur différente et de cales réglables. En fonction de votre poids, style de conduite, toutes les combinaisons sont possibles en raideur comme en progressivité. J'ai plusieurs fois modifié ma XR (gros réservoir, petit, usage TT, trail) et à chaque fois il ne m'a fallu qu'une heure pour réaliser la modif. Intéressant non ? Et vous n'avez rien d'autre à acheter.

 Coté hydraulique, je me suis contenté pendant plusieurs années du système d'origine qui, vu mon niveau de pilotage, ne me posait pas de problème. Mais comme d'habitude, ce n'est que lorsqu'on a testé quelque chose de mieux qu'on se dit "comment ais je pu rouler avec ça avant". A l'occasion d'une vidange des tubes, je me suis dit qu'il serait bien de faire contrôler les bagues de guidage de la fourche. J'ai donc porté ma fourche chez Stephane GOBY, célèbre supercrosser de la région Lyonnaise. Je n'ai pu résister et j'ai fait monter des clapets "GOLD VALVE" de chez Race Tech en Californie. Associés à des bagues de guidage neuves et de la très bonne huile, je ne reconnais plus ma fourche qui est devenue bien plus rigide. La moto tient bien mieux la piste. Seul défaut, le prix car clapets + bagues + huile + révision complète et vous en avez pour plus de 2000F. Mais coté efficacité c'est radical.
Un dernier détail : la fourche des 600XR n'est réglable qu'en compression. S'il a existé, il y a quelques années des kits de réglage de la détente aux États-Unis, ceux-ci ne sont plus commercialisés et l'adaptation de cartouches provenant d'une autre fourche est très difficile à réaliser en raison de l'augmentation régulière du diamètre des tubes (on ne trouve plus de cartouches au diamètre de la fourche de la 600).

Amortisseur : Il en existe une infinité pour ce modèle. L'amortisseur d'origine ne va pas mal mais est peu sensible aux réglages. J'ai opté pour un Ohlins d'occasion ayant appartenu à Patrick Sireyjol qui a fait un Dakar avec. Vous allez sans doute me traiter de menteur mais après révision chez Ohlins France et pose d'un ressort adapté à mon poids (moins de 1000F), il marche parfaitement après 8 ans de loyaux services (et il ne fuit pas)..Un conseil : trouvez un Ohlins d'occasion ayant même pas mal servi et faites le reconditionner : pour le prix de l'occasion + 1000F vous aurez un amortisseur neuf.

Freins :  Les disques sont d'origine et n'atteignent pas encore l'usure maxi après 8 années d'utilisation. Il convient de préciser que je roule beaucoup "au couple + frein moteur", ceci expliquant sans doute cela. Les plaquettes sont des BRAKING* qui me satisfont tout à fait (une paire tous les 5000 Km à l'arrière, tous les 3000 à l'avant). J'ai changé les durites de frein pour des durites aviation protégées par une gaine plastique. Meilleur feeling selon moi, mais la plus grande puissance de freinage oblige à être prudent dans la boue ou sur le mouillé (et encore plus sur le goudron mouillé au retour de balade).ATTENTION : mesurez bien la longueur exacte des durites d'origine et vérifiez impérativement la longueur des nouvelles si vous en achetez, les fournisseurs n'étant pas toujours au point dans ce domaine. Cette aventure m'est arrivée et il est très énervant de s'en apercevoir la veille d'un week-end de TT (alors que bien sûr vous avez tout démonté !!!).

Roues : Elles sont entièrement d'origine et ma foi je n'ai pas eu à m'en plaindre. Toutefois lorsque la moto est neuve, il est bon de vérifier après quelques heures la tension des rayons qui doivent se mettre en place. Je vérifie la tension des rayons une fois par an. Ils ne bougent pas sur ma moto mais je ne suis ni très violent ni fanatique des sauts (maman j'ai peur !). Faites attention avec le temps si vous roulez beaucoup dans le gras et que vous abusez du nettoyeur haute pression car les têtes de rayon finissent par s'oxyder et se souder dans les trous de jante. La technique qui consiste à les démonter pour graisser les filetages empêche certes cette oxydation mais ils se dévissent alors beaucoup plus facilement... Si vous doutez de votre compétence pour régler la tension, confiez cette opération à un spécialiste (certains concessionnaires de VTT sont bien au point) ou allez-y prudemment car une roue voilée est difficile à rattraper lorsque le mal est fait.
En ce qui concerne les jantes, j'ai remplacé le fond de jante en caoutchouc par plusieurs épaisseurs de scotch toilé dit "scotch américain") qui offre une meilleure résistance à la perforation si vous cassez un rayon.
Faites attention également à bien positionner les gripsters afin que le pneu ne tourne pas. Certains burinent les jantes et ne montent pas de gripsters.
Note : Les rayons des XR sont assez "tendres" alors ne les resserrez pas comme des brutes car dans ce cas ils s'allongeront encore plus et lorsque vous arrivez au bout du filetage, il n'y a plus qu'à rerayonner.

Repose pieds / sabot / protection de cadre / selle / décoration. 1) Repose-pieds Je vous recommande le modèle large de chez IMS* mais il en existe des indestructibles chez Pro-circuit (mais très chers). Ils valent environ 500 F et ne scient pas les pieds lorsque vous roulez longtemps debout. Cela peut apparaître comme un détail, mais je vous assure que les sensations sont bien meilleures et que la moto se pilote plus naturellement. Il est notamment plus facile d'appuyer sur les repose-pieds dans les courbes en dévers. 2) Sabot :  Le mien provient de chez Motoforms, ancienne société Lyonnaise qui réalisait les réservoirs en Kevlar des BMW officielles d' H.AURIOL au Dakar. De très nombreux accessoiristes en proposent, n'hésitez donc pas à en monter un car les arceaux d'origine protègent les carters mais pas la durite d'entrée de pompe à huile. Je vous laisse imaginer les conséquences en cas de perforation....Selon votre usage vous préfèrerez peut être une semelle simple ou un sabot enveloppant. Le modèle enveloppant protège latéralement les cotés du moteur, c'est un avantage, mais lors du changement de filtre à huile, vous serez obligés le démonter....(inconvénient mineur par rapport au prix d'une paire de carters moteurs). Si je puis vous donner mon avis, le refroidissement du bas moteur est un peu moins bon avec un sabot, mais dés que vous aurez entendu le bruit que fait une grosse pierre projetée par la roue avant sur le sabot, je pense que vous ne regretterez pas votre achat. Enfin n'oubliez pas que le sabot aide à passer les marches en montée car on peut facilement l'utiliser pour faire glisser la moto plus facilement.3) Protection de cadre :  Toutes mes protections sont en aluminium de chez Devol*. A mon avis toutes se valent. Pour les avoir testées au cours de nombreux crash, elles protègent bien le bocal de frein avant notamment, mais ne servent qu'une fois en cas de gros pain car l'aluminium se déforme en absorbant le choc et il est quasiment impossible des les redresser. Coté entretien RAS : Belgom alu* ou Mirror* (comme pour le sabot). 4) Décoration et selle :   Tous les gouts sont dans la nature et les décos sont très nombreuses. Vous avez donc le choix. Les autocollants de réservoir ne se valent cependant pas tous. Pour avoir testé les Technosel*, leur résistance est moyenne et lors de leur remplacement, il est difficile de les arracher car ils laissent sur la surface une pellicule de colle qui ne part avec aucun des solvants que j'ai essayés (Un conseil : éviter les solvants qui attaquent le plastique du réservoir). J'utilise maintenant une déco de la société CEET* qui résiste en moyenne 2 ans, durée au bout de laquelle il jaunit fortement. A conseiller.
Ma housse de selle est une Fransel* anti-dérapante dont je n'ai eu qu'à me féliciter. Sa résistance à la perforation et aux déchirures est assez bonne.

Autres accessoires divers : Le feu arrière d'origine est hideux et encombrant, je l'ai remplacé par le feu du modèle US beaucoup plus élégant et discret. Il possède un inconvénient, l'absence de feu stop, la douille livrée avec ne le permettant pas.Un conseil : n'achetez que le cabochon et récupérez la douille + câblage d'un feu arrière "type TY". La douille et l'ampoule d'origine rentrent juste et il n'y a plus qu'à repérer les bons fils..... Avec un peu de bricolage, tout marche impec en 15 minutes et vous avez un feu stop. Un détail important, fignolez bien l'étanchéité à la pâte à joints siliconée (protection contre les infiltrations d'eau et les vibrations moteur).

La plaque d'immatriculation peut être avantageusement remplacée par une plaque faite maison avec une plaque de plastique noire de hauteur identique à la plaque réglementaire, mais un peu moins large (ne dépassant pas du garde boue). Les numéros en relief ont été récupérés sur une plaque déjà faite à mon immatriculation et recollés sur la plaque de plastique à l'aide de super glue*. La plaque reste souple et ressemble presque à la plaque d'origine tout en étant moins fragile et surtout moins coupante en cas de chute. La fixation sera assurée par deux vis traversant la plaque et passant par les deux trous présents d'origine sur le garde boue (vous pouvez récupérer les silent-blocs d'origine mais attention, selon la loi une plaque d'immatriculation doit être rivetée, ce montage n'est donc pas réglementaire).

Mes caches latéraux ont été recouverts de vénilia* transparent, ce qui assure une bonne protection de la peinture d'origine. Lorsque leur état le justifie, un changement de vénilia* leur redonne l'éclat du neuf.

Afin d'améliorer la circulation d'air dans le boitier de filtre, j'ai posé 4 bouchons grillagés en provenance de White-Bros*. Le perçage "propre" du cache est un peu difficile, mais réalisable en prenant un peu de temps, et je vous conseille de les fixer à l'aide d'un pistolet à colle.

J'ai remplacé le guidon d'origine par un Renthal* type rallye assez haut assurant une position debout plus confortable. Je vous conseille dans le même temps de poser des embouts de guidon (acier ou alu).
J'ai testées poignées Renthal, mais leur solidité ne m'a pas paru tip top. J'ai personnellement un faible pour les poignées Pro-Grip*, mais c'est un avis tout personnel.

La plaque phare a été remplacée pas une UFO Ghibli* (look de plaque de KLXR) dont l'avantage principal est de pouvoir recevoir l'ampoule de veilleuse du phare d'origine. Moralité, malgré changement de la plaque phare et du feu arrière, j'ai conservé veilleuse + code + phare et le feu stop.

La démultiplication d'origine (14x48) me convenant, je l'ai conservée telle quelle, la chaîne étant un modèle auto-lubrifié. Lors des déplacements un peu long sur la route, je monte une dent de plus en sortie de boite ce qui permet de tenir un bon 100Km/h de croisière sans fatiguer le moteur (mais les pneus à tétines n'apprécient pas du tout le traitement).

J'ai essayé également un plus gros réservoir Acerbis* de 21 litres. Le montage ne pose pas de problème (avantage des produits de ce fabricant), mais la moto est un camion lorsque le réservoir est plein. Je me demande d'ailleurs comment les pilotes peuvent rouler en Afrique avec ce genre de citerne.

VIVE LA 600XR

Prof. GROMONO


22/11/2008